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C'est la saison des Tapas!


Au mois de novembre dans l'hémisphère nord, c'est la saison des TAPAS. Je devine votre petit sourire à l'évocation d'un doux souvenir d'apéritif en terrasse. Mais là il s'agit de yoga, et Tapas en sanskrit ne signifie pas amuse-bouches espagnols, mais quelque chose entre la discipline et l'auto-purification. Décidément novembre, c'est sexy!


Aujourd'hui nous sommes chanceux près du Léman, il fait soleil, le vent ne souffle pas. Mais la plupart du temps, il fait gris et plus si chaud. Le jour se lève tard et se couche tôt. Mon énergie fait la même chose. En plus entre les deux je ne rechigne pas à boire un bon thé confortablement installée avec un livre sur mon canapé. Et vous?


De livre, j'en ai repris un justement l'autre jour: "Four Chapters on Freedom. Commentary on the Yoga Sutras of Sage Patanjali", écrit par Swami Satyananda Sarawasti. C'est le genre de livre que les yogis lisent plusieurs fois au cours de leur vie. Le genre qui se revisite régulièrement à la lueur de l'expérience vécue. C'est dans ce livre que le terme Tapa m'a tapé dans l'oeil. Je peux imaginer qu'il n'est pas aisé de comprendre pourquoi le yoga évoque la discipline et la purification, alors que les yogis ne cessent de rappeler "qu'il faut s'écouter, s'aimer tel qu'on est et ne pas forcer". Voyons donc pourquoi ces différentes notions coexistent parfaitement dans le yoga...


Le terme Tapa n'est pas toujours clairement exposé dans les commentaires sur les Ecritures à mon avis. Certains parlent d'austérité et font référence à des pratiques très extrêmes de purification, notamment corporelles. D'autres font référence au fait que cela signifie simplement produire de la chaleur afin de brûler ce qui est impur ou non désiré afin que quelque chose de nouveau et souhaité puisse grandir à la place. Finalement d'autres définissent le mot Tapa comme la discipline que l'on peut observer concernant sa pratique.


Pour ma part, la notion te Tapa prend tout son sens en automne, lorsque mon énergie diminue à mesure que la lumière descend. Je suis peu encline à entreprendre de nouvelles choses, et le quotidien me demande beaucoup plus d'abnégation qu'au mois de juin par exemple. Je sais que je ne suis pas la seule...Cependant, tout est affaire d'harmonie pour se sentir bien, et s'il me paraît contre nature de faire la guerre à ce repli sur soi, il me semble aussi important de contrebalancer la tendance générale et d'aller chercher l'énergie dont j'ai besoin en la créant moi-même.


Plus que ça, cela me semble indispensable. Il relève du bon sens d'entretenir sa forme afin que notre système immunitaire ne soit pas en berne au moment de la bataille avec les virus hivernaux. Le tout est affaire d'équilibre. Continuer à sortir malgré la lumière pâle et les horizons bouchés par le stratus, continuer à pratiquer le yoga même si la pratique est plus douce et davantage tournée vers l'intérieur qu'en plein mois de juillet, continuer à prendre soin de ce que l'on met dans son assiette, etc. sont autant de pratiques qui permettent de traverser ces longues semaines jusqu'à la fin de l'automne en gardant le cap sur ce qui nous importe.


Car c'est bien de cela dont il s'agit au fond. De tenir à ses engagements, s'ils ont été pris non pas pour enjoliver un quotidien déjà surchargé de faux trésors, mais bien pour accomplir un chemin, qu'il soit physique, mental, spirituel ou tout à la fois. La notion de Tapa peut très bien cohabiter avec d'autres notions comme l'idée de s'écouter et de se satisfaire de ce qui a déjà été parcouru. S'écouter amène à prendre un chemin en conscience, se satisfaire du chemin parcouru motive à le continuer malgré ce qu'il y a autour.

Il est aisé d'accomplir les objectifs que nous nous sommes fixés lorsque tout nous pousse vers cela. C'est moins facile lorsque nous ne ressentons pas cet élan. Mais finalement, c'est en continuant notre pratique quoi qu'il arrive que nous en tirons un bénéfice réel, que nous accomplissons ce pour quoi nous nous sommes engagés. C'est ce qui nous relie à ce qui est permanent en nous.


Quel que soit le temps qu'il fait dehors ou du temps à disposition, quels que soient les émotions qui nous traversent ou les événements qui surviennent, une certaine énergie est présente en nous, une paix intérieure peut être retrouvée et une sensation d'espace mental et de légèreté peuvent être atteints.


Cela dépend de notre engagement à pratiquer. Cela dépend de nous, de vous! C'est à commencer par les Tapas que le détachement vis-à-vis des événements du quotidien est réalisable. Ça n'est pas en lisant les théories qu'elles se réalisent, c'est en les pratiquant! Alors continuez votre pratique, même, et surtout, lorsque cela vous semble plus difficile à faire!


Un petit truc pour vous stimuler: puisque l'énergie est très basse à la fin de l'automne dans notre partie du globe, autant en profiter. C'est le moment idéal pour travailler les postures d'équilibre. Tant sur les pieds que sur les mains! Nous avons beaucoup de facilité à nous ancrer dans le sol en automne.

Pour ma part j'apprécie moins les pratiques qui visent à renforcer l'endormissement général. La frontière est parfois étroite entre paresse et contentement (Santosa). C'est pourquoi si j'apprécie d'ajouter une ou deux postures de yoga restauratif en fin de pratique, cela se fait toujours après une pratique plus dynamique de vinyasa.

Et finalement, l'automne est un excellent moment pour travailler votre respiration: kapalbati et Nadi Shodana vous amèneront respectivement énergie et harmonie.

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